14/03/2017

Les Prix internationaux de la bienfaisance de la Fondation Diyanet de Turquie ont été décernés lors d'une cérémonie organisée, le 12 mars 2017, avec la participation du Président de la République Recep Tayyip Erdoğan.

Cette cérémonie organisée par la Fondation Diyanet de Turquie pour la troisième fois s'est déroulée au Centre des Congrès de Haliç en présence du Président des Affaires Religieuses et président du conseil d’administration de la Fondation Diyanet : le Professeur Mehmet Görmez. Étaient aussi présent le vice-premier ministre Numan Kurtulmus, le ministre de la Culture et du Tourisme Nabi Avci, le président de la Cour de cassation Ismail Rustu Cirit, le préfet d’Istanbul Vasip Sahin et de nombreux citoyens.

Le Président Reccep Tayyip Erdogan a tenu, durant son discours, à remercier tous les adhérents de cette institution qui organise cet événement et qui fête la 42e année de sa création un jour plus tard : la Fondation Diyanet de Turquie.

Le Président a fait savoir qu’il ressentait au nom de son peuple et de son pays beaucoup de gratitude à l’égard des personnes qui ont œuvré pour la fondation de cette admirable institution, en 1975, alors que le pays connaissait une année difficile et tendue de son histoire. Il a ensuite cité le hadith « lorsque le fils d’Adam vient à mourir, son œuvre s’arrête sauf trois choses » et a indiqué que ces trois choses annoncés dans cette parole prophétique étaient : la Sadaqa Jariya (une aumône qui se perpétue d’elle-même), la science profitable et l’enfant pieux qui invoque son seigneur pour eux.

Le Président a affirmé prier sans cesse pour pouvoir vivre de sorte à laisser des œuvres louables sur terre avant de quitter ce monde, puis il a déclaré :

« Dieu merci, une graine qui a été plantée, il y a 42 ans, par une poignée de personnes actives dans le monde associatif et conscientes de leur responsabilité s’est transformée aujourd’hui en un grand arbre qui donne des fruits non pas uniquement en Turquie, mais dans 135 pays du monde. Cette organisation, qui rassemble toutes les couleurs et les beautés du monde, digne d’une réunion des Nations unies, est le résultat de la persévérance, du dévouement et d’une lutte qui a duré 42 années. La Fondation Diyanet de Turquie dotée de 1000 succursales et son large épouvantail d’activités, allant de l’enseignement à l’aide humanitaire, ont permis de répondre à un besoin important dans notre pays et à l’étranger . Alors qu’elle permet d’une part de répandre la culture de l’entraide et de la bonté, elle achemine, d’autre part, les aides envoyées par le peuple turc à tous les pays musulmans et aux opprimés.  Et je veux souligner à ce propos l’importance que j’accorde aux écoles internationales de formation à l’imamat et à la prédication, ainsi qu’au programme international de faculté de théologie.

 

« je vous considère comme étant les ambassadeurs bénévoles de la Turquie »

 

Le Président Recep Tayyip Erdogan a souligné que 2 140 jeunes venus de 70 pays différents poursuivaient leur étude en Turquie grâce aux bourses de la Fondation et a déclaré qu’il était convaincu que ces étudiants permettraient, une fois de retour dans le pays d’origine, de créer des liens très forts entre la Turquie et ces pays.

Le président qui a affirmé : « Je considère chacun de ces jeunes qui ont rempli cette salle aujourd’hui comme étant les futurs ambassadeurs bénévoles de la Turquie », puis a aussi souligné l’importance des prix internationaux de la bienfaisance et des organisations qui y sont liées.

Erdogan a précisé son désir de voir se perpétuer sans cesse toutes les activités et organisations liées à la justice, la bonté, la clémence et la droiture et il a ensuite affirmé que le projet « que mon cadeau soit le Coran » de la Fondation Diyanet et de la Présidence des Affaires religieuses a été un pas allant dans ce sens vers la bonne direction.

Le Président a attiré l’attention sur le fait qu’il était difficile en particulier en Afrique, dans certaines régions d’Asie et en Amérique du Sud d’accéder au Coran. « Un village entier est parfois contraint de se limiter à un Coran unique. Il n’est pas convenable que nous les laissions sans Coran, alors que les missionnaires utilisent tous les moyens pour les convaincre.  Je suis convaincu que nos charitables et généreux citoyens ne manqueront pas de soutenir la Fondation dans le cadre de ce projet. Nous allons, quant à nous, si Dieu le veut, poursuivre notre soutien à votre égard, ainsi qu’il a été jusqu’à ce jour » a-t-il déclaré.

Erdogan a souligné le fait que certains cœurs ont perdu toute sensibilité ; au point que les atrocités commises en Syrie, alors qu’elles devraient engendrer la réaction et l’indignation du monde entier, ne font réagir que quelques pays.

Alors que les écrans passent en boucle les images d’innocents qui se noient dans la mer Méditerranée et d’enfants qui meurent en raison d’attaques chimiques, aucune réaction ne s’éveille dans les cœurs. Erdogan a rappelé que cette situation est décrite dans le Coran comme étant la situation des cœurs endurcis, voire devenus pierres.

« Les paroles de ceux qui parlent avec miséricorde ne sont malheureusement plus écoutées. Les bénévoles qui ne travaillent que dans l’objectif de satisfaire Dieu et qui luttent jour et nuit dans le sentier de Dieu se font très rares de nos jours» a-t-il déclaré après avoir affirmé que notre époque était une époque difficile pendant laquelle les cœurs se sont asséchés et se sont endurcis.

Il est donc essentiel durant une telle époque, a-t-il indiqué, de trouver et soutenir les personnes qui, convaincues que seule la bonté pourra mettre fin au mal, œuvrent dans le bien.

Malgré l’indifférence générale qui pousse au désespoir, ces 1 200 histoires transmises des quatre coins du monde nous prouve la présence de nombreuses personnes honorables, a-t-il indiqué avant de souligner que cela indiquait clairement que la bonté n’est pas une histoire de moyen, mais une histoire de cœur et même une histoire de volonté divine.

 

« Leur réelle récompense leur sera accordée par Dieu »

 

Erdogan a cité la parole d’Ibn Sina (Avicenne) : « Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir », puis a déclaré : « il nous incombe à nous de protéger et soutenir ces bienfaiteurs et faire en sorte que leur nombre augmente ».

 

Il a indiqué l’importance des prix internationaux de bienfaisance qui se déroulent pour la troisième fois et a poursuivi son discours en disant :

« Je remercie de tout cœur : Mustafa Göçer qui a passé quarante ans de sa vie à lire la terre, la faune et la nature ; Muhammed Ayoub notre frère pakistanais qui a consacré toute sa vie aux enfants des rues  et a lutté contre l’ignorance; notre fille Merve Çirişoğlu qui, avec son projet de marque-page qu’elle a entrepris avec ses amis durant ses années universitaires, a été un remède pour les yeux des malades africains ; l’Américaine Suzanne Barakat qui, durant cette époque où la discrimination, la haine et la violence ont considérablement augmenté, clame la vérité ; notre imam Yahya Kamçı de Diyarbakir qui, par sa parole “la paix est le plus beau mot du monde”, a  représenté l’islam en s’opposant à la vengeance et en invitant au pardon et à la paix ; Janna Cihat qui, fasse au balles et aux bombes, transmet la vérité et informe le monde entier de l’occupation que subi la Palestine ; et le couple Cavit et Hafize Etlec qui est devenu le symbole de l’aide turque apportée aux réfugiés syriens .

Si Dieu le veut, vos efforts et votre dévouement vont permettre au bien de se propager dans le monde entier. Et je trouve aussi très significatif que le prix de la loyauté ait été décerné aux martyrs du 15 juillet. »

Erdogan a rappelé le passage coranique de la sourate Al-Imran qui avait été récité à l’ouverture de la cérémonie : « vous êtes la meilleure communauté », puis a déclaré : « je considère ce groupe de personnes qui se trouve devant moi comme étant cette communauté de bien que Dieu a fait surgir. Vous allez ordonner le convenable et interdire le blâmable, je n’ai aucun doute sur cela.  Je vous félicite et vous en remercie. Alors que je mets fin à mon discours dans cet esprit, je demande à Dieu d’offrir la réussite à la Fondation Diyanet dans toutes ses activités. Je félicite à nouveau tous ceux qui ont été récompensés dans le cadre des prix de cette année. Que Dieu préserve les bons à nos côtés.  Que Dieu donne force et vient en aide à ceux qui désirent faire le bien. »

 

Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus :

Kurtulmus a tout d’abord tenu à souligner que le combat entre le bien et le mal qui a débuté entre Habil Kabil (Abel et Caïn) se poursuivait encore aujourd’hui.

Après avoir affirmé avec regret que le mal était mieux organisé, plus répandu et vainqueur, il a indiqué que ce combat perdurerait jusqu’à la fin du monde.

Il a ensuite rappelé que de nombreux pays luttent aujourd’hui contre la guerre, l’occupation et le terrorisme, puis il a déclaré : « nous observons malheureusement que des pays qui manquent d’eau potable et de nourriture doivent en plus de cela faire aussi face aux occupations, aux pressions et aux interventions militaires. Alors que certains font au nom du mal et de manière organisée leur travail, en occupant des pays et en oppressant des populations innocentes, les pays comme le nôtre qui luttent pour le bien, eux, viennent en aide aux opprimés et s’efforcent à les libérer de cette situation. »

 

Le Président des Affaires Religieuses Mehmet Gormez :

Le président a commencé son discours en affirmant espérer que l’augmentation du bien qui s’opérera à travers les bienfaiteurs mettra fin à toutes les conséquences néfastes du manque de discernement qui a été engendré par l’islamophobie en occident et en hollande en particulier.

 

Mehmet Gormez a qualifié d’injustes et grossiers les agissements que la ministre de la Famille, Fatma Betul Sayan, a subis en Hollande, puis a déclaré :

« En tant que religieux, je refuse ce qui s’est passé. Encore hier, la même injustice a été perpétrée contre les ambassadeurs de la paix que sont nos ministres du culte, qui œuvrent depuis plus de 40 ans à l’étranger dans le cadre de la vie religieuse et sociale de nos citoyens, sans jamais dévier du vivre ensemble et du bon comportement. Ils ont été accusés d’espionnage sur la base de mensonges et de diffamations improbables ; des perquisitions ont été menées à leurs domiciles. ll y a encore quelques années, un politicien protagoniste de cette vision haineuse était allé jusqu’à dire : “si le Prophète (saw) était vivant et demandait un visa, je ne le lui délivrerais pas”. Je demande à Dieu de permettre à ces personnes de se soigner à travers le message de miséricorde du Messager (saw). J’appelle tous les Hommes de religion de l’Occident, principalement le Pape François, à élever leur voix contre la haine, l’aversion et la discrimination islamophobe. »

Gormez a indiqué qu’ils œuvraient pour enseigner que le bien, la beauté et la droiture sont le sens même de la vie, que le bien est l’existence et la seule réalité, et que le louable est infini, tandis que le mal représente le vide et le néant, le blâmable est temporaire et défaillant.

Il a ensuite rappelé que la Fondation Diyanet venait en aide aux opprimés des quatre coins du monde, puis il a déclaré : « nous donnons la priorité à l’enseignement, car nous sommes convaincus que seule la connaissance pourra sortir le monde musulman de la pauvreté, de l’ignorance et du retard dans lesquels il se trouve. La Fondation a créé dans cet objectif des lieux d’enseignement et des internats en Turquie et à l’étranger et offre des bourses à des milliers d’étudiants de diverses spécialités.  La Fondation Diyanet, à travers ses écoles construites à l’étranger et les jeunes qu’elle a fait venir en Turquie pour poursuivre leurs études de la primaire au doctorat, aide à la bonne compréhension et représentation de l’Islam. »

 

Gormez a ensuite rappelé qu’ils ont été aux côtés des Syriens dès les débuts de la guerre civile et a déclaré :

« 15 000 Syriens poursuivent leurs études depuis trois ans dans les écoles de la Fondation. La reconstruction de 67 mosquées a débuté dans le cadre du projet à rétablir une vie ordinaire et de permettre le retour des populations dans les zones débarrassées des groupes terroristes à Al-Bab, à Al-Raï,à  Jarablus et à Azaz.  En parallèle, la Fondation est venue en aide aux populations d’Alep dans le cadre du programme “que l’humanité ne meure pas à Alep” et elle a pu récolter des aides d’une hauteur de cent cinquante-deux millions de lires ; dans un premier temps, 812 camions d’aide matérielle y ont été acheminés. Un centre de coordination et de logistique y a été installé, ce qui a permis de déterminer les besoins des habitants et de poursuivre les aides qui leur sont accordées en créant des fours, des centres alimentaires et des magasins de vêtements. »

Gormez a aussi indiqué poursuivre leurs activités au Pakistan, en Malaisie et au Bangladesh où de nombreux Rohingyas de Birmanie ont dû se réfugier en raison des persécutions qui leur ont été affligées chez eux. La fondation tente de soigner leurs blessures et a permis à 4 000 élèves de retourner à l’école.

Il a aussi fait savoir que la fondation a pris la responsabilité de construire plus de 3 600 mosquées à travers le monde entier, de l’Asie centrale à l’Asie orientale, de l’Amérique à la Crimée, en passant par l’Afrique et la Russie. La reconstruction de neuf mosquées détruites durant les attaques en Palestine a par ailleurs été finalisée, a-t-il indiqué.

 

Les prix internationaux de la bienfaisance

Cette année, la Fondation Diyanet de Turquie a délivré les prix de la bienfaisance à sept personnes, dont quatre de Turquie et trois de l’étranger.

Janna Jihad, qui est reconnue comme étant la plus jeune journaliste de Palestine, a reçu son prix de la main du Président de la République Recept Tayyip Erdogan.

L’étudiante Asena Buyukacar, qui représentait l’Américaine Suzanne Barakat, a quant à elle accepté le prix de la main du préfet d’Istanbul Vasip Sahin.

Le Pakistanais Muhammed Ayoub a été récompensé par le ministre du Tourisme Nabi Avci ; Cavit et Hafize Eltec l’ont été par le vice-premier ministre Numan Kurtulmus ; Merve Cirisoglu par le Président des Affaires religieuses Mehmet Gormez, Yahya Kamci par le président de la Cour de cassation Ismail Rustu Cirit ; et Mustafa Gocer par le maire de la ville d’Istanbul Kadir Topbas.

Janna Jihad, élève à l’école primaire en classe de CM1, exerce à sa manière la profession de journaliste en faisant entendre au monde entier l’occupation et les injustices que vit son pays. Jihad a décidé de devenir journaliste après avoir perdu son oncle et plusieurs de ses amis. depuis, elle filme ce qui se passe dans son pays et le partage au monde entier à travers ses comptes sur les réseaux sociaux.